Quality Adjusted Unit Value Indexes for Consumer IT Goods
Cet article démontre que les indices de prix de Lehr et Lowe peinent à mesurer avec précision les variations de prix à qualité constante lors de périodes d'inflation ou de déflation rapide, révélant des écarts substantiels lorsqu'ils sont comparés à d'autres indices de valeur unitaire ajustés à la qualité pour les biens informatiques de consommation.
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Pour comprendre comment l'économie évolue, les statisticiens doivent suivre le prix des biens au fil du temps. Mais mesurer le prix n'est pas aussi simple que de comparer un billet d'un dollar aujourd'hui à un billet d'un dollar d'il y a dix ans, car les choses que nous achetons s'améliorent constamment. Un ordinateur vendu aujourd'hui est bien plus puissant qu'un modèle vendu il y a une décennie, même si l'étiquette de prix semble identique. Pour obtenir une image fidèle de l'inflation, les économistes tentent de séparer le coût du produit de la valeur de ses nouvelles fonctionnalités. C'est ce que l'on appelle l'ajustement de la qualité. Si un téléphone coûte le même prix mais possède un meilleur appareil photo, le prix a effectivement baissé car vous en avez plus pour votre argent. Cependant, lorsque les prix chutent très rapidement, comme c'est souvent le cas avec la technologie, les outils mathématiques utilisés pour effectuer ces ajustements peuvent parfois trébucher, menant à une vision déformée de la réalité.
Une étude récente d'Ana Aizcorbe, chercheuse au Bureau of Economic Analysis, examine précisément ce problème en utilisant des données du marché de la technologie de consommation. L'article se concentre sur trois catégories spécifiques de biens : les ordinateurs de bureau, les ordinateurs portables et les smartphones. Ce sont des articles dont la technologie progresse si rapidement que les prix chutent souvent brutalement en une courte période. L'auteur a examiné six méthodes différentes utilisées par les économistes pour calculer les indices de prix pour ces biens. Deux de ces méthodes, connues sous le nom d'indices Lehr et Lowe, sont largement utilisées mais reposent sur une manière spécifique de moyenner les prix qui ne tient pas compte de la hausse générale des prix dans l'ensemble de l'économie, un facteur connu sous le nom d'inflation. Les quatre autres méthodes utilisées dans l'étude tiennent compte de cela en convertissant les prix en dollars constants, éliminant ainsi le bruit de l'inflation générale pour voir le changement réel du coût de la technologie elle-même.
L'étude révèle un écart significatif entre les résultats produits par ces deux groupes de méthodes. Lorsque l'auteur a appliqué les formules à des données de ventes réelles pour les ordinateurs de bureau, les ordinateurs portables et les smartphones, les deux méthodes qui ignoraient les ajustements en dollars constants ont raconté une histoire très différente des quatre autres. Pour les ordinateurs de bureau et les ordinateurs portables, l'indice Lehr, qui est l'une des méthodes n'utilisant pas les dollars constants, semblait presque complètement plat, suggérant que les prix ne changeaient pas du tout. En réalité, les quatre autres méthodes montraient que les prix chutaient rapidement. Pour les smartphones, l'écart était également substantiel. Les méthodes qui ne parvenaient pas à ajuster pour les dollars constants n'ont montré qu'une baisse lente et faible des prix, manquant environ la moitié de la chute réelle du coût que les autres méthodes ont capturée.
La raison de cette divergence réside dans la façon dont ces indices interprètent la relation entre le prix et la qualité. Lorsque l'inflation est élevée, ou lorsque les prix de produits spécifiques chutent très rapidement, les méthodes qui n'utilisent pas les dollars constants s'embrouillent. Elles confondent la chute rapide des prix avec une baisse de la qualité. En d'autres termes, parce que les produits deviennent moins chers si rapidement, ces indices supposent que les produits doivent nécessairement s'être dégradés, plutôt que de reconnaître que la technologie devient simplement plus efficace et abordable. Cela conduit l'indice à sous-estimer l'ampleur de la baisse réelle des prix. L'étude suggère que pour des secteurs comme l'électronique grand public, où les prix évoluent rapidement, s'appuyer sur ces anciennes méthodes peut conduire à une sous-estimation sérieuse de la valeur réelle que les consommateurs reçoivent. Les conclusions indiquent que pour obtenir une image précise des changements de prix dans ces marchés à mouvement rapide, les économistes doivent utiliser des méthodes qui séparent correctement les effets de l'inflation générale des améliorations spécifiques des produits eux-mêmes.
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