Measurement of the branching fractions of the decays , and
En utilisant 4,5 fb de données de collisions collectées avec le détecteur BESIII, cette étude rapporte la première observation de la désintégration de Cabibbo supprimée , fournit les mesures les plus précises des fractions de branchement pour et , et trouve une évidence pour une contribution de dans cette dernière désintégration.
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Dans le monde subatomique, la matière est construite à partir d'un petit ensemble de particules fondamentales appelées quarks. Ces minuscules constituants se lient ensemble par groupes de trois pour former des particules connues sous le nom de baryons. L'un des protons les plus courants est le proton, qui se trouve au cœur de chaque atome. Cependant, la nature produit également des cousins plus lourds et instables du proton, tels que le baryon charm, qui contient un quark charme lourd. Parce que ces particules lourdes sont instables, elles ne durent pas longtemps ; elles se désintègrent rapidement en particules plus légères et plus stables. Ce processus de désintégration est appelé désintégration (ou décomposition), et il est régi par la force faible, l'une des quatre forces fondamentales de la nature. En observant comment ces particules lourdes se désintègrent et en mesurant la fréquence à laquelle des voies de désintégration spécifiques se produisent, les physiciens peuvent tester leur compréhension des règles qui régissent l'univers. Pendant des décences, les scientifiques ont réussi avec succès à cartographier ces règles pour les particules lourdes composées de deux quarks, connues sous le nom de mésons. Pourtant, le comportement des baryons composés de trois quarks reste beaucoup plus difficile à prédire et à comprendre, laissant un écart important dans nos connaissances sur la manière dont les forces forte et faible interagissent dans ces systèmes complexes.
Une équipe de chercheurs utilisant le détecteur BESIII à Pékin a maintenant franchi une étape majeure pour combler cet écart. Ils ont analysé une collection massive de données de collision, correspondant à une luminosité intégrée de 4,5 fb⁻¹, pour étudier comment le baryon charm, spécifiquement le , se désintègre. L'équipe s'est concentrée sur trois modes de désintégration spécifiques, tous impliquant la décomposition du baryon en une particule lambda (un baryon plus léger) et d'autres particules contenant des quarks étranges. Deux de ces voies de désintégration avaient déjà été observées, mais l'une d'elles n'avait jamais été observée directement. Les chercheurs ont mesuré avec succès la fréquence de ces trois désintégrations, fournissant les chiffres les plus précis jamais enregistrés pour ces événements. Plus notablement, ils ont confirmé l'existence d'un mode de désintégration qui n'avait été prédit que par la théorie, et ils ont trouvé des preuves qu'une particule intermédiaire spécifique, le , joue un rôle dans l'un des processus, bien que la nature exacte de son implication dépende de la manière dont les ondes quantiques des particules interfèrent entre elles.
L'expérience s'est déroulée au Collisionneur Électron-Positron de Pékin, où des faisceaux d'électrons et leurs contreparties antimatières, les positrons, ont été projetés l'un contre l'autre à des énergies soigneusement contrôlées. Lorsque ces particules entrent en collision, elles peuvent créer momentanément des baryons charm lours et leurs antiparticules. Le détecteur BESIII agit comme un appareil photo géant à haute vitesse qui enregistre les trajectoires et les énergies de chaque particule sortant de la collision. Les chercheurs ont passé au crible ces données pour trouver les cas rares où un se désintègre en une particule lambda, un kaon neutre (qui lui-même se transforme rapidement en deux pions), et soit un kaon chargé, soit un pion chargé. Comme ces chaînes de désintégration impliquent plusieurs étapes et de nombreuses particules différentes, l'équipe a dû être extrêmement prudente pour distinguer le véritable signal du bruit de fond provenant d'autres collisions de particules aléatoires. Ils ont utilisé des simulations informatiques sophistiquées pour comprendre comment leur détecteur réagirait à ces événements spécifiques et pour calculer l'efficacité avec laquelle ils pourraient les repérer.
L'étude a produit des résultats clairs pour les trois modes de désintégration. L'équipe a mesuré la probabilité que le se désintègre en un lambda, un kaon neutre et un kaon chargé à environ 3,04 pour mille désintégrations. Ce résultat concorde avec les mesures précédentes mais avec une précision bien plus grande, réduisant considérablement la marge d'incertitude. Plus important encore, ils ont observé pour la toute première fois la désintégration en un lambda, un kaon neutre et un pion chargé. Il s'agit d'une désintégration « singulièrement supprimée de Cabibbo », un terme décrivant un processus qui est théoriquement autorisé mais qui se produit moins fréquemment que les voies de désintégration les plus communes. Les chercheurs ont constaté que cela se produit environ 1,73 fois pour mille désintégrations. Ce chiffre est notablement inférieur à ce que certains modèles théoriques basés sur les principes de symétrie avaient prédit, suggérant que notre compréhension actuelle de ces désintégrations de baryons lourds pourrait nécessiter un affinement.
En plus de mesurer les taux globaux, l'équipe a étudié la structure interne de la désintégration impliquant le pion chargé. Ils ont trouvé des preuves solides, avec une signification statistique de 4,7 écarts-types, que cette désintégration passe souvent par une étape intermédiaire où une particule à vie courte appelée est formée avant de se briser. Cependant, comme cette particule intermédiaire est large et que l'échantillon de données est limité, les chercheurs n'ont pas pu déterminer un taux unique et définitif pour ce chemin spécifique. Au lieu de cela, ils ont calculé la probabilité selon trois scénarios différents concernant la manière dont les ondes quantiques des différentes voies de désintégration pourraient se chevaucher et interférer. Selon la phase spécifique de cette interférence, la probabilité de la contribution du varie de l'ordre de 1,29 à 5,21 pour mille désintégrations. Le fait que le taux mesuré pour la désintégration directe en un lambda, un kaon neutre et un pion soit inférieur aux attentes théoriques, combiné au comportement complexe du intermédiaire, indique que les forces en jeu à l'intérieur de ces baryons lours sont plus complexes que ce que l'on pensait auparavant. Comme le notent les chercheurs, des ensembles de données futurs avec des nombres de collisions encore plus élevés seront essentiels pour fixer ces mécanismes et comprendre pleinement les modèles de désintégration des baryons charm.
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