Historical redlining, the present-day alcohol environment, and binge drinking in early midlife
Cette étude conclut que la résidence cumulative dans des quartiers historiquement victimes de « redlining » est associée à une prévalence plus élevée de la consommation excessive d'alcool au début de l'âge mûr, un effet partiellement médié par la densité des points de vente d'alcool dans ces zones.
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Imaginez le monde de la santé publique comme une enquête policière géante et complexe. Au lieu de chercher un coupable unique comme un virus ou une mauvaise habitude, les scientifiques enquêtent souvent sur la manière dont la « scène » sur laquelle nous vivons façonne nos choix. Ce document plonge dans un recoin spécifique de cette histoire : comment l'histoire de nos quartiers affecte ce que nous buvons aujourd'hui. Pour comprendre le mystère, vous devez connaître quelques acteurs clés. D'abord, il y a la consommation excessive d'alcool (binge drinking), qui est comme une fête qui dégénère — boire beaucoup en peu de temps — et qui cause un grand nombre de décès évitables. Ensuite, il y a l'idée de conditions structurelles, qui sont simplement les règles invisibles et l'histoire intégrées dans nos villes, comme la façon dont les routes sont pavées ou l'endroit où les magasins sont autorisés à ouvrir. Enfin, il y a le redlining, une pratique historique du passé où les banques traçaient des lignes rouges sur les cartes pour dire : « Nous ne prêterons pas d'argent aux personnes vivant dans ces quartiers spécifiques ». Ce document pose une grande question : le fait de vivre dans un quartier qui a été autrefois marqué par une ligne rouge change-t-il encore la quantité d'alcool consommée de manière excessive, même des décennies plus tard ? C'est une histoire sur la façon dont le passé pourrait murmurer des instructions au présent.
Les chercheurs ont décidé de jouer les détectives avec un groupe massif de 7 758 adultes âgés de 33 à 43 ans. Ils ont examiné les cartes des années 1930, spécifiquement les notes de la « Home Owners' Loan Corporation » (HOLC), qui étaient les scores officiels de redlining. Ils ont vérifié où ces adultes vivaient à différents moments de leur vie (entre 1994 et 2009) pour voir s'ils avaient déjà vécu dans un quartier qui avait été autrefois « redlined ». Ensuite, ils ont vérifié si ces mêmes personnes avaient fait une consommation excessive d'alcool au cours de l'année précédant la fin de l'étude (2016 à 2018).
L'enquête a révélé que le passé parle effectivement encore. Les personnes ayant déjà vécu dans un quartier historiquement victime de redlining avaient une probabilité légèrement plus élevée de consommation excessive d'alcool. Plus précisément, l'étude suggère que les répondants ayant vécu dans des zones redlinées présentaient une prévalence ajustée de consommation excessive d'alcool au cours de l'année supérieure de 3,8 points de pourcentage. Si l'on traduit cela en termes de probabilités (odds), cela correspond à des chances de consommation excessive d'alcool 17 % plus élevées (odds ratio = 1,17) par rapport à ceux n'ayant jamais vécu dans de telles zones. Les auteurs notent que même lorsqu'ils ont tenté de combler les données manquantes à l'aide d'une méthode appelée imputation multiple, le résultat était très similaire, avec un odds ratio de 1,16.
Mais pourquoi cela se produit-il ? Les chercheurs ont testé plusieurs théories, comme un mécanicien vérifiant différentes pièces d'un moteur. Ils se demandaient si le redlining avait poussé les gens à s'inquiéter davantage pour la nourriture ou le logement, ou si cela les avait rendus plus stressés, ce qui aurait ensuite conduit à la consommation d'alcool. Cependant, l'étude a explicitement écarté ces hypothèses ; l'insécurité alimentaire, l'instabilité du logement et les voies psychosociales n'ont montré aucune médiation. Au lieu de cela, le coupable semble être le quartier lui-même, spécifiquement « l'environnement alcoolique ». L'étude a révélé que la densité des points de vente d'alcool (combien de bars et de magasins de spiritueux sont concentrés dans un quartier) a agi comme un pont, médiatisant environ 14 % de l'effet total. C'est comme si le redlining du passé avait conduit à une décision d'urbanisme permettant l'ouverture de plus de magasins de spiritueux dans ces zones spécifiques, et que ces magasins sont toujours là aujourd'hui, facilitant la consommation excessive d'alcool.
Il est intéressant de noter que l'histoire comporte un rebondissement concernant qui est le plus affecté. Le lien entre le redlining et la consommation excessive d'alcool était plus apparent chez les répondants blancs non hispaniques. Les auteurs suggèrent que cela pourrait être dû au fait que d'autres groupes exposés au redlining possèdent des normes culturelles fortes qui protègent en réalité contre la consommation excessive d'alcool, ce qui « supprime » la moyenne globale. En d'autres termes, le signal de danger est fort et clair pour certains, mais caché par des habitudes protectrices chez d'autres.
L'article conclut que l'héritage de la discrimination historique en matière de prêt hypothécaire est encore visible dans la consommation d'alcool au début de l'âge mûr, mais qu'il voyage à travers le paysage moderne des magasins d'alcool. Il suggère que si les villes veulent guérir cette vieille blessure, elles pourraient devoir examiner les politiques de zonage et de licences pour contrôler le nombre de points de vente d'alcool existant dans ces quartiers urbains autrefois victimes de redlining. L'étude ne prétend pas avoir résolu le problème, mais elle pointe une lampe de poche vers une partie spécifique et gérable du puzzle.
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