Lifestyle Changes Among Canadian Students During the COVID-19 Pandemic: Results from Six Representative Samples Between 2020 and 2021
Cette étude analyse les données de six échantillons représentatifs de 1 467 étudiants canadiens recueillies entre 2020 et 2021 pour démontrer que la pandémie de COVID-19 a considérablement perturbé leur bien-être psychologique, leurs comportements de santé, leurs finances et l'accès aux services, les étudiantes et les personnes issues de milieux à faibles revenus subissant des impacts négatifs disproportionnés.
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Imaginez l'esprit et le corps humains comme un vaisseau spatial complexe et de haute technologie. Dans des conditions normales, ce vaisseau fonctionne grâce à un équilibre délicat entre le carburant (une alimentation saine), l'exercice (le mouvement), la connexion sociale (l'interaction de l'équipage) et la navigation mentale (se sentir calme et concentré). Maintenant, imaginez qu'une tempête planétaire soudaine frappe. La tempête force le vaisseau à s'amarrer dans un hangar sombre et silencieux pendant des mois. Les moteurs sont ralentis, l'équipage ne peut pas quitter ses cabines et les lignes d'approvisionnement s'emmêlent. C'est l'histoire de la pandémie de COVID-19. Les scientifiques, qui sont comme les ingénieurs du vaisseau, ont tenté de comprendre exactement comment cette « tempête » a endommagé les systèmes des différents passagers. Ils savent que lorsque la vie devient étrange et effrayante, les gens cessent souvent de bien manger, bougent moins et commencent à se sentir anxieux ou seuls. Mais ils voulaient savoir : quels passagers du vaisseau ont été le plus durement touchés ? La tempête a-t-elle affecté tout le monde de la même manière, ou certaines cabines étaient-elles plus vulnérables que d'autres ? C'est la question à laquelle une équipe de chercheurs a cherché à répondre en observant la vie des étudiants canadiens au plus fort des confinements.
Les chercheurs, dirigés par Alyssa Heise et Vincent Gosselin Boucher, ont décidé de prendre un cliché géant de l'expérience étudiante, mais au lieu de prendre une seule photo, ils en ont pris six différentes sur une période d'un an et demi, d'octobre 2020 à décembre 2021. Ils ont recueilli des données auprès de 1 467 étudiants à travers le Canada, leur demandant de rapporter comment la pandémie avait secoué leur « vaisseau spatial ». Ils ont examiné quatre domaines principaux : leur état émotionnel intérieur (le mal-être psychologique), leurs activités physiques (les comportements de santé), leur gestion de l'argent (les finances personnelles) et s'ils pouvaient toujours obtenir de l'aide en cas de besoin (l'accès systémique).
Les résultats ont montré que la tempête a certainement causé de sérieuses turbulences. Plus de la moitié des étudiants étaient de sexe féminin, et la plupart avaient entre 18 et 21 ans. Lorsque les chercheurs ont analysé les données, ils ont constaté que les étudiantes étaient nettement plus susceptibles de ressentir l'impact de la tempête que leurs homologues masculins. En fait, les étudiantes étaient environ 2,25 fois plus susceptibles de se sentir anxieuses, 2,39 fois plus susceptibles de se sentir déprimées et 2,63 fois plus susceptibles de se sentir isolées. Elles étaient également plus susceptibles de se sentir irritables et préoccupées par leur poids. Il ne s'agissait pas seulement du genre ; les étudiants plus âgés (plus de 22 ans), ceux ayant des revenus familiaux plus faibles (moins de 60 000 $) ou des problèmes de santé préexistants ont également signalé plus de difficultés.
Les systèmes de « carburant » et d'« exercice » des vaisseaux étudiants ont également été touchés. Près des trois quarts des étudiants (72,2 %) ont déclaré bouger moins qu'avant la pandémie. Environ la moitié (55,6 %) ont admis que leurs habitudes alimentaires s'étaient dégradées, et une grande partie (42,3 %) a déclaré boire plus d'alcool. Bien que certains étudiants aient fumé ou vapoté davantage, la découverte la plus frappante est que les étudiants ayant des problèmes de santé préexistants étaient près de trois fois plus susceptibles de signaler une détérioration globale de leur santé physique.
Les systèmes financiers et logistiques ont également été mis à rude épreuve. Environ un quart des étudiants (26,1 %) ont déclaré avoir perdu des revenus ou vu leurs heures de travail réduites. Pour certains, la tempête était si forte qu'ils ne pouvaient plus payer leur loyer ou acheter de la nourriture. Les étudiants ayant des revenus plus faibles et ceux ayant des problèmes de santé étaient les plus susceptibles d'être confrontés à ces problèmes d'argent. De plus, environ 15 % des étudiants ont déclaré avoir dû annuler des rendez-vous médicaux ou avoir eu des difficultés à obtenir des soins médicaux non liés au COVID, suggérant que les « ateliers de réparation » pour leur santé étaient plus difficiles d'accès pendant la crise.
Les auteurs suggèrent que ces résultats sont un signal clair que la pandémie n'a pas seulement mis la vie en pause ; elle a activement perturbé les rythmes quotidiens des étudiants, en particulier ceux qui naviguaient déjà dans la vie avec moins de ressources ou des défis supplémentaires. Ils soutiennent que, bien que les écoles aient offert de l'aide, l'approche actuelle consistant à attendre que les étudiants demandent une thérapie individuelle ne sera peut-être pas suffisante. Au lieu de cela, ils proposent que les universités deviennent des centres de soutien plus solides et proactifs pour traiter ces questions — en réparant les « lignes de carburant » avec une meilleure aide financière, en gardant l'« équipage » connecté grâce à des programmes sociaux, et en veillant à ce que le soutien à la santé mentale soit intégré au système scolaire lui-même. L'étude ne prétend pas avoir résolu le problème, mais elle fournit une carte détaillée des zones où les dommages sont les plus importants, montrant que pour aider les étudiants à traverser les futures tempêtes, nous devons renforcer le vaisseau pour tout le monde, mais surtout pour ceux qui luttent déjà pour rester à flot.
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